"Souvent, le mélange est constitué de deux tiers d’essence et d’un tiers de bioéthanol E85." Comme de nombreux patrons de stations-service, la responsable des pompes du Géant Casino de Nantes (Loire-Atlantique) ne s’étonne plus du phénomène. Face à la cherté du super sans plomb 95, de plus en plus de conducteurs remplissent tout ou partie de leur réservoir avec du bioéthanol E85, ce carburant issu à 85% des betteraves et des céréales.
Le calcul est vite fait. Le litre d’E85 vaut un peu moins de 0,90euros, contre 1,49euros en moyenne pour le super sans plomb 95. La différence de prix provient pour l’essentiel des taxes, beaucoup plus faibles sur les biocarburants. Partout en France, les pompistes observent ainsi un engouement sans précédent pour l’essence verte, alors que les ventes de véhicules bio ne décollent pas vraiment. "Au début, je le déconseillais, mais les gens disent qu’ils prennent leurs responsabilités. J’ai fini par laisser faire", lâche un responsable à l’Intermarché de Péronne (Somme).
Effets néfastes du biocarburant ?
Une folie pour le moteur ? Le biocarburant aurait des effets néfastes : les joints en polymère, les soupapes et le circuit de distribution seraient rongés ou rouillés plus rapidement par l’E85 que par le super sans plomb. "Du fait de sa grande teneur en alcool, le bioéthanol est beaucoup plus corrosif que les autres carburants. Or les moteurs à essence classiques n’ont pas été prévus pour le supporter", prévenait Alain Prost, président du groupe de travail Flexfuel 2010, lors du lancement du nouveau carburant.