Faire le plein avec un carburant issu de plantes et d’algues est une réalité pour les voitures. Ce pourrait bientôt l’être pour les avions. Dans les stations services françaises, l’essence et le diesel contiennent déjà 6,25% de biocarburant et cette part doit passer à 10% en 2015 selon les objectifs du gouvernement. Les constructeurs aéronautiques ont aussi leurs projets de développement dans les biocarburants malgré les inquiétudes qu’ils font peser sur leur concurrence avec les productions agricoles vivrières, sur leur risque sur la déforestation et leurs problèmes techniques et économiques.
Des vols expérimentaux embarquant de nouveaux carburants, fabriqués à partir de la biomasse, sont à l’étude aussi bien chez Boeing que chez Airbus depuis le début de l’année 2008.
Chez Boeing, une certification d’un futur bio-fuel issu des recherches du constructeur et de ses partenaires est attendue d’ici à la fin 2010. Mais les difficultés sont importantes.
D’abord, le biocarburant utilisé dans les avions doit répondre à des standards techniques : un point de congélation bas à -40 et -47°C et une densité énergétique élevée (énergie par kilo dégagée lors de la combustion à 42,8 MJ). Ensuite, Boeing espère que la certification de son nouveau carburant permettra d’inciter une production à grande échelle des plantes (cameline, jatropha et algues) utilisées dans la fabrication du biocarburant, sans entraîner déforestation ni réduction des productions vivrières locales.